L'ex otage française Sophie Pétronin, peu de temps après sa libération, aux côtés de son fils.
L’ex otage française Sophie Pétronin, peu de temps après sa libération, aux côtés de son fils. AFP/Stringer

Par :Sébastien Duhamel

« L’heureuse nouvelle est finalement tombée hier », affiche en lettres capitales la Une de L’Indépendant, le quotidien malien. « Soumaïla Cissé et d’autres otages occidentaux dont la Française Sophie Petronin sont libres », peut-on lire.

« C’est désormais confirmé et officiel », insiste l’article. « Après plus de six mois de captivité, soit plus de 190 jours, le chef de file de l’opposition a été libéré hier, jeudi 8 octobre. » Il était en compagnie de 3 autres otages, l’humanitaire française donc et deux ressortissants italiens. Et « c’est aux alentours de 19 heures que l’avion militaire devant les conduire à Bamako a quitté le tarmac de l’aérodrome de Tessalit, dans la région de Kidal », détaille le journal. « De source sûre », affirme-t-il, « tous les otages sont en bonne santé même s’ils doivent rester quelques jours sous surveillance ».

Annonce par la présidence malienne

Le site Maliweb.net revient lui aussi sur cette libération et sur l’annonce effectuée hier soir par les comptes de la Présidence du Mali sur les réseaux sociaux. Maliweb rappelle ensuite que lors de l’enlèvement de Soumaïla Cissé, en mars dernier dans le cercle de Niafunké, « son garde du corps avait trouvé la mort » et que « le dernier signe de vie de Soumaïla Cissé remontait au mois d’aout dernier, lorsqu’une lettre écrite par ses soins était parvenue à sa famille par l’intermédiaire du Comité International de la Croix-Rouge ».

Dans un autre article, le site relaye alors la réaction d’internautes. Une libération qui « est un grand soulagement pour le peuple malien » affirme l’un d’eux, avant d’ajouter : « Il faudra également saluer la libération de Sophie Pétronin, une femme exceptionnelle engagée pour la cause des plus fragiles au Mali ».

Des images des retrouvailles

Malijet.com, lui, met des images sur les mots. Le site propose en Une une vidéo des retrouvailles, à la descente de l’avion sur le tarmac de l’aéroport. Le titre promet de l’émotion et, en effet, on y voit dans un premier temps, Sébastien Petronin serrer sa mère dans ses bras. Il crie « Maman, Maman », la voix pleine de larmes. Des larmes de joie probablement, on peut imaginer en tout cas. On voit ensuite Soumaïla Cissé descendre de l’avion à son tour. Chèche sur la tête et masque anti-covid sur le nez, tout de même, il retrouve son épouse qu’il serre lui aussi dans ses bras.

Malijet publie également des photos de l’arrivée des, désormais, ex-otages au Palais de Koulouba. « Ils ont été reçus par le chef de l’État Sem Bah N’daw, en présence du Vice-Président le colonel Assimi Goita et du premier ministre Moctar Ouane. » Dernières images à voir enfin sur Malijet, « l’arrivée triomphale de Soumaïla Cissé » chez lui dans la capitale, dans le quartier de Badalabougou. Sur place, de nombreux partisans étaient venus l’accueillir…

Une semaine agitée

L’Indépendant revient par ailleurs sur cette semaine pleine de rebondissements et sur les coulisses de ce dossier. Il nous rappelle d’abord que « cela fait quelques jours que la nouvelle de la libération était annoncée ». Et il déplore : « Certains se sont même empressés de la confirmer, ajoutant un peu plus à la confusion ». L’article explique, en partie du moins, à quoi peut être dû cet empressement, car les « prémices de cette annonce », c’est la libération « d’environ deux cents prisonniers qui devaient servir de monnaie d’échange. Une bonne partie était issue du Groupe de Soutien à L’Islam et aux Musulmans d’Iyad Ag Ghali ». Et L’Indépendant croit savoir que l’opération de libération des otages « a été retardée par le fait que certains détenus, dont le GSIM réclamait la libération, manquaient à l’appel ».

L’œil de la presse ouest-africaine

Ce dossier est naturellement suivi par une partie de la presse ouest-africaine, celle du Burkina Faso notamment.Le Pays cite ici du Woody Allen pour s’inspirer : «”L’éternité, c’est long, surtout vers la fin.” Ainsi pourrait-on dire de l’interminable attente de la libération de Soumaïla Cissé et de Sophie Pétronin », écrit Le Pays. Libération « qui a donné lieu à un emballement médiatique exceptionnel où les fake news se disputaient aux supputations de toute nature ». En tout cas, affirme Le Pays, les autorités de la transition « ont réussi un coup de maître là où le régime précédent s’était essayé sans engranger le moindre succès ».

« Le gain politique immédiat est l’augmentation de leur capital de sympathie auprès des populations », analyse l’article avant de nuancer. « Ces effluves de joie masquent difficilement le fait que cette libération, dont on ignore encore tous les dessous, a été chèrement payée. Des centaines de terroristes ont été relâchés dans la nature. Il faut s’attendre à ce que ces fanatisés aillent à nouveau se ressourcer aux sources les plus profondes du radicalisme pour revenir semer, à tout vent, mort et désolation dans toute la sous-région » craint Le Pays.

Quelle suite pour Soumaïla Cissé ?

Le Pays s’interroge ensuite sur l’avenir de Soumaila Cissé, tout comme leurs confrères d’Aujourd’hui au Faso d’ailleurs. Tous deux estiment en substance que le président de l’URD pourrait « surfer sur cet élan de popularité pour aller à la conquête du Palais de Koulouba ». Aujourd’hui au Faso rappelle que l’opposant est déjà arrivé « deuxième à trois reprises lors d’élection présidentielle », et que sa libération « avait été associée aux revendications de la coalition hétéroclite du Mouvement du 5 juin, fer de lance de la contestation qui a conduit au coup de force du 18 août dernier ».

«On le sait, poursuit le site, l’homme aurait pu jouer un grand rôle dans cette transition qui s’ouvre aux bords du Djoliba. Mais à présent, il devra prendre son mal en patience et espérer un bon et paisible processus de transition qui ouvrira la voie à des élections où il pourrait bénéficier de la confiance de ses compatriotes dans les urnes.» C’est ce que pense du moins la presse burkinabè, on verra ce que nous en dit l’avenir.

Source : RFI

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