À la Une: la crise au Mali au centre de l’actualité

Par : Catherine Potet

Des questions se posent sur le déploiement ces derniers jours de la Forsat, la force spéciale antiterroriste, dans les opérations de maintien de l’ordre au Mali. « Le gouvernement ordonne des investigations sur l’emploi de la Forsat contre les civils », titre Maliweb qui a pu consulter un « courrier confidentiel “émanant du cabinet du Premier ministre et demandant que les investigations nécessaires soient menées en vue de préciser : les raisons de l’engagement de la Forsat, l’autorité ayant ordonné son engagement et le respect ou non de la procédure prévue en la matière”. La question est d’importance, car “en l’absence de gouvernement”, le ministère de la Sécurité qui décide de l’emploi des forces anti-terroristes, est théoriquement vacant. »

Mais « ce n’est pas la première fois que la Forsat est citée dans des opérations de maintien de l’ordre », précise Maliweb. « À Sikasso, les manifestations nées au lendemain  de la proclamation des résultats définitifs des législatives par la Cour constitutionnelle ont été également matées dans le sang par cette force spéciale antiterroriste ». « Et malgré les accusations portées contre elle, poursuit Maliweb, les responsables de la police avaient démenti le déploiement de la Forsat contre les civils. Beaucoup se demandent pourquoi il a fallu que les mêmes erreurs se répètent à Bamako pour que le gouvernement ordonne des enquêtes. »

Le Mali également à la Une avec la comparution devant la CPI d’un jihadiste malien

C’est le Pays, au Burkina, qui s’en fait l’écho. « Ce procès n’a que trop tardé », dit-il. « Le procès d’Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud, du nom de ce tristement célèbre commissaire de la police islamique de Tombouctou sous l’ère jihadiste d’Ansar Dine en 2012 ». Il a comparu mercredi « pour répondre de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, viols et esclavage sexuel commis dans le contexte de mariages forcés et destruction de mausolées »…

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Le Pays se souvient : « On garde tous en mémoire les scènes moyenâgeuses de l’application de la charia, avec son lot de châtiments et de mutilations corporels, sur fond de lapidations à mort. Tout aussi vivaces sont les images des tombeaux des saints de la ville s’effondrant les uns après les autres, sous les coups de houes et de burins des miliciens fanatisés d’Ansar Dine. » Et Le Pays salue la valeur pédagogique de ce procès. Il constitue selon lui « un signal fort et un avertissement sans frais pour tous les adeptes des idéologies extrémistes qui continuent au Mali ou sous d’autres cieux de répandre la terreur ou de se repaître du sang d’innocentes personnes ».

Direction le Niger où Actuniger.com rend hommage à Mamane Abou

Le journaliste Mamane Abou, directeur de publications du journal le Républicain, est décédé lundi à Niamey, à l’âge de 70 ans. « Ancien président de la Commission Crimes et Abus durant la Conférence nationale, et grand défenseur des droits humaines, l’illustre disparu laisse un important héritage dans le milieu de la presse malienne », souligne Actuniger.com qui s’exclame : « Un baobab est tombé ». « Mamane Abou laisse un immense héritage avec ses écrits, dans les colonnes du Républicain, qui lui ont valu notamment des séjours en prison, comme en 2006 sous la Ve République ».

Enfin, au Sénégal, Walf Quotidien s’inquiète de l’état des prisons

« La face cachée des prisons » titre le journal, qui publie la photo d’hommes dormant par terre, serrés les uns contre les autres. Un rapport de l’Inspection générale de l’État vient d’être rendu public, et « il fait froid dans le dos », assure Walf Quotidien. « Surpeuplement, mauvaises conditions de détention des mineurs, occupation indue de logements administratifs, entre autres, constituent les maux qui gangrènent la politique carcérale du Sénégal ». La question des mineurs semble particulièrement préoccupante, car ils partagent « le même espace de vie », que les adultes. « Une telle situation, déplorent les enquêteurs, est en contradiction  avec le devoir de protection des droits de l’enfant, qui incombe à l’État en vertu de la Constitution et de divers instruments juridiques internationaux. »

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